La photographie
est communément considérée comme le médium permettant
une concordance quasi parfaite entre la réalité et sa représentation.
Bien évidemment, comme avec tout autre médium artistique, documentaire
et scientifique, on crée avec la photographie une réalité
qui lui est propre. Par la prise de vue on influence aussi sa propre perception
du sujet à représenter. Le défi est de capturer et de
montrer quelque chose de nouveau, quelque chose qui n’a encore jamais été
vu, par exemple par le choix de la perspective, tout en saisissant et en
figeant ce qui est connu et familier. Contempler une photographie
vous procure un plaisir qui oscille entre la reconnaissance et l’étonnement.
Dans ses œuvres, Walter Mirtl recherche une représentation de ce qui
est déroutant et s’inscrit dans la tradition d’un surréalisme
léger. Il travaille surtout avec des grands formats noirs et blancs
ou bien en couleur. Depuis quelque temps, il explore le monde de l’image
en mouvement et réalise de courtes séquences vidéo.
Les sujets préférés du photographe sont des objets et
des événements de la vie de tous les jours auxquels nous sommes
régulièrement confrontés mais que l’on ne prend pas
la peine de regarder. Dans ses mises en scène, le photographe les
met en relation entre eux ainsi qu’avec des représentations de personnes
et d’animaux et les ordonne par des gestes apparemment symboliques.
Des objets d’usage courant et des situations bien connues évoquant
certaines attentes sont disposés et confrontés de manière
à s’associer dans des significations qui exigent un regard précis
et une réflexion nouvelle. Mirtl crée ainsi une tension entre
le connu et l’inconnu alors qu’en réalité l’élément
agréablement familier et son opposé, la paix intérieure
et l’agitation troublante se côtoient. Le langage des images se substitue
aux autres moyens d’expression. L’ambiguïté de toute forme de
communication est un des caractéristiques de sa création, tout
comme la numérotation des oeuvres en guise de titres.