Depuis 2004, l’USINE GALERIE
présente individuellement et collectivement
les travaux d’artistes finlandais dont la réputation ne cesse de
croître à
l’étranger.
Pour démarrer
la saison 2006/2007 nous avons choisi de vous proposer une
sélection en
relation avec la série d’expositions présentées
précédemment.
Les divers
espaces de l’USINE accueilleront les
travaux de dix artistes finlandais travaillant dans des
disciplines différentes
telles que: photographie, peinture, dessin, vidéo et
installation.
Nous espérons
offrir au visiteur un aperçu représentatif de l’art
contemporain en Finlande.
L’exposition sera
conçue de manière à pouvoir observer les tensions
et les
corrélations qui se créent entre les différentes
approches artistiques.
Krista
Autio: peinture
Tiina
Heiska: peinture
Tiina
Itkonen: photographie
Elena
Kervinen: dessin, peinture
Mikko
Paakkola: peinture
Paavo
Räbinä: video, installation
Hannele
Rantala: photographie, installation
Kai
Rennes: peinture, photographie, installation
Ulla
Shemeikka: photographie
Marjukka
Vainio: photographie
Krista Autio, née
1968 en Finlande, vit et travaille à Bruxelles.
Kristia
Autio
utilise la plupart du temps de la peinture à l’huile sur toile.
Dans son
travail, elle joue avec de grands espaces monochromes sur lesquels elle
dessine
des contours d’objets et des inscriptions de mots uniques.
Certains
de ces
signes semblent raconter des histoires à propos de situations
spécifiques dans
la vie. D’autres semblent être des ordres ou des tentatives de
s’exprimer
soi-même. « En
ses
tableaux, les surfaces sont saturées d'une teinte monochrome
qui, à part le
noir dense, se distingue par les nuances, notamment du vert et du
rouge, qui
aspirent, qui conduisent à l'introspection et concourent ainsi
à l'ambiance
confirmée par les interventions écrites ou
dessinées. » (Claude Lorent, La
Libre Belgique)
Tiina
Heiska, née
1959 à Helsinki où elle vit.
Elle peint
« à la recherche d’un
objet de
désir absolu. La femme ou la fille représentée dans ses images -dont l’âge semble varier-
est inspirée de
photographies que l’artiste a prise d’elle-même. Elle n’est pas
juste Heiska,
elle est quelque chose d’autre, peut-être un alter ego ou un
personnage de
fiction. Depuis quelques années, Heiska a peint des
séries dans lesquelles ses
thèmes évoluent d’une peinture à l’autre, son
expression est devenue plus
cinématographique et flottante. Elle s’intéresse aux
espaces où l’on ressent
une présence étrangère sans la voir. Sa peinture
communique la sensation d’une
présence invisible menaçante mais aussi excitante, qui
éveille notre
curiosité. » (Juha-Heikki
Tihinen, historien d’art)
Tiina
Itkonen, photographe, née
à
Helsinki où elle vit.
Depuis le début
des années 90, le grand Nord la
fascine. A plusieurs reprises elle a passé des semaines en
compagnie des
esquimaux polaires du Groenland. « Quand je ferme mes yeux,
je suis à
Thulé et le silence est parfait. Des lumières
bleutées dansent à travers la
neige; les icebergs virent au turquoise. Le silence est brisé
par un lourd
craquement. Un iceberg se fend, créant de nouveaux petits
icebergs. En un
instant, la lumière transforme le paysage d’une tendre douceur
en une obscurité
effrayante. ...Visiter les gens fait partie de la vie quotidienne des
esquimaux. Pour rendre visite à quelqu’un, il n’est pas
nécessaire de prendre
rendez-vous ou de frapper à la porte. On entre simplement.
» (Tiina
Itkonen)
Elena
Kervinen, née 1970 à
Isalmi,
Fin. Elle vit et travaille à Barcelone, E.
Elena Kervinen fait
de petits dessins sur du marbre et des peintures à
l’huile et au cuivre sur du bois. Ses sujets
préférés sont les paysages.
« Quand je regarde mon château dans sa
montagne », je suis ce que je
suis. Peu importe ce que j’ai, sais ou suis. Le paysage est en
constante
création ; la montagne et le château sont toujours
différents et je ne peux
rien y changer. Mais la vue me change. ...Quelqu’un a dit que mes
peintures
étaient plus des sentiments que des paysages. Je pense
qu’il avait
raison ; mon intention est de transmettre ce qui me touche dans
cette
vue. » (Elena Kervinen)
Mikko
Paakkola, né
1961 à Lappi Tl, Fin. Il vit et travaille à Turku, Fin.
“J’ai exploré
un paysage imaginaire qui pourrait également se situer entre la
peinture
abstraite et figurative. Bien que L’art minimal et la peinture
monochrome aient
énormément influencé mon travail surtout en ce qui
concerne la gamme réduite
des couleurs, la philosophie qui se dégage de ma peinture prend
une toute autre
direction. Mes travaux puisent leur source dans notre manière
subconsciente de
penser et sont liés, en cela, à des formes
archétypes. ...
Fondamentalement, je travaille
avec des émotions et l’acte de peindre doit être
envisagé comme une tentative
de rendre ce travail visible.” (Mikko Paakkola)
Paavo Räbinä, né 1965
à Kupio,
Fin. Il vit et travaille à Helsinki et Bruxelles
Les
thèmes
principaux des oeuvres de Räbina, principalement des vidéos
et des
installations, concernent la guerre, la violence, la lutte pour le
pouvoir, la
souffrance et la vie des réfugiés.
Räbina trouve
souvent ses thèmes en puisant dans les sources historiques,
littéraires de
notre société et de notre culture. Les travaux de
Räbina trouvent aussi bien
leurs points de départ dans la guerre civile finlandaise, la
dévaluation, le
pouvoir de l’argent et la pauvreté qui en résulte, que
dans les poèmes de
Brecht et les pièces de Shakespeare. Malgré leurs
sous-entendus historiques,
les oeuvres de Räbina restent d’actualité.
Hannele
Rantala, née 1952
à
Helsinki où elle travaille.
Son installation « On the other
side » consiste en 4 paires de
photos de rivages de l’océan Atlantique. Dans la première
image une vague
quitte Lisbonne au Portugal comme si elle arrivait à New York
dans l’image
suivante. Plusieurs mois ont passés entre la prise de ces
photos. Sous chacune
des photos se trouve indiqué le temps au moment duquel la photo
a été prise,
qui est aussi le temps de départ ou d’arrivée de la
vague. Sur le continent
européen les photos ont été prises à
Lisbonne, Bordeaux et St Jacques de
Compostelle. En Amérique la rive d’arrivée et de
départ est New York.
Toutes ces
villes dans lesquelles ces photos de rivages ont été
prises sont liées
historiquement à l’émigration et aux
réfugiés.
Quel que soit
le rivage sur lequel nous sommes, il y a toujours une autre rive qui
est le
centre de nos pensées, de nos espoirs ou de notre mémoire.
Kai
Rennes, né 1958 en
Finlande: peinture, photo, installation
La série de
photos est prise sur les Dunes de Maspalomas (Iles Canaries). L’endroit
est
bien comme lieu de rendez-vous avec ses nombreux nids d’amour
créés par les
hommes.
Kai Rennes
concentre son travail sur les différentes stratégies
d’organisation de vie personnelle et les pratiques alternatives
d’amour, de
désir et de sexualité.
Endroits
différents,
Autres
stratégies.
Ulla
Shemeikka, née 1969
à
Koupio, Fin. Elle vit et travaille comme photographe à
Bruxelles.
Le silence, les couleurs
et le temps jouent un rôle
important dans la photographie d’Ulla Shemeikka, les circonstances au
cours
desquelles les photos ont étés prises ont une influence
directe sur les images.
Les œuvres
que nous exposons ici ont été conçues
pendant la nuit et à l’aube, entre 1h et 5h du matin. Moment
où les formes et
les couleurs se développent et varient à chaque instant
selon la clarté
grandissante de l’aurore. Tandis que le
déclencheur de l’appareil doit rester ouvert des minutes
entières pour capturer
ces images latentes, on a la rare occasion de se concentrer sur le
calme
matinal environnant et le temps de penser à la vie et à
la création. Les
travaux d’Ulla Shemeikka nous
révèlent
quelque chose comme la majesté de la nature et
l’intemporalité, suscitant en
nous un besoin de contemplation, une envie de méditation.
Marjukka
Vainio,
photographe, née 1953 à Renko, Fin. Elle vit et
travaille à Hämeenlinna, Fin.
Le monde
végétal a influencé durant près
de vingt ans l’art de Marjukka Vainio et ce, aussi bien le microcosme
que le
macrocosme. L’essentiel étant cette vision de l'instant
où se révèle dans toute
sa grandeur, l'infime, l'inaperçu, le banal. Ces oeuvres
contiennent tellement
de mystérieux, d’invisible révélé, qu’elles
semblent parler de la lumière de la
terre. Cette lumière, c’est l'éclat de la face
cachée de la terre. Les oeuvres
de Marjukka Vainio prennent vie par le biais de différentes
phases. Un tel
travail, manuel, crée une oeuvre d’une grande et respectueuse
sublimité.
L’esthétique rejoint l’éthique. Dans ces oeuvres, on se
déplace dans les
méandres de la conscience et de la mémoire.
exposition
artistes